Algérie : coup de force contre la volonté populaire

C’est en 1962, alors que les algériens pansaient leurs plaies et essuyaient leurs larmes croyant en des lendemains meilleurs que l’armée des frontières devenue ANP (à ne pas confondre avec l’ALN) avait décidé d’exclure le peuple, de lui confisquer sa liberté recouvrée et de faire de lui un indus-occupant, à peine toléré, dans son propre pays. Si l’ANP veut se racheter devant l’histoire, elle n’a qu’une seule et unique chose à faire en ces moments précis : restituer au peuple ce dont elle l’a privé depuis près de 60 ans : sa souveraineté. L’histoire saura rendre son verdict.

La désignation de Abdelkader Bensalah comme président par intérim est une application stricte de l’article 102 de la constitution, alors qu’il fallait sortir de cet article pour se référer aux articles 7 et 8 de la loi fondamentale.

La manière dont il vient d’être pourvu la vacance du pouvoir « ne rapproche pas notre pays de la sortie de crise » selon Ali Benflis président du parti d’opposition Talaie El-Hourriyet, estimant que « notre pays est sur le point de basculer soit vers un prolongement artificiel de la durée de vie de l’ancien régime, soit vers l’ouverture du chantier de la refondation démocratique réclamée et attendue par le peuple Algérien.

Même son de cloche du côté du RCD, selon lequel « le pouvoir vient ainsi de détourner la volonté populaire pour confisquer au peuple sa révolution ». Athmane Mazouz, député de ce parti affirme sans ambages la transition ne peut être gérée dans un cadre constitutionnel décrié par le peuple et par les symboles d’un régime qui ont miné le destin du pays »

De son coté, le parti des travailleurs de Louiza Hanoune, qui a retiré ses députés de l’assemblée populaire nationale, considère cela comme une provocation contre le peuple.

« La réunion du Parlement pour désigner un président de l’Etat ou la volonté d’aller vers une présidentielle, après installation d’un présidium, formulée par des parties dites d’opposition sont les deux facettes d’une même médaille qui veut contourner la révolution et une confiscation de la souveraineté populaire », estime Ramdane Taazibt, qui ne voit d’autre issue respectant les aspirations du peuple que d’aller vers une Assemblée constituante.

Le FFS quant à lui dénonce cette « mascarade » et appelle à la poursuite de la mobilisation jusqu’à l’aboutissement des revendications du peuple.

Mustapha Zentar pour Maghrebscope.

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