Le degré zéro de la diplomatie Algérienne

Nommé vice -premier ministre et ministre des affaires étrangères, Ramtane Lamamra avait pour mission de vendre à l’étranger une feuille de route rédigée en catimini à Alger pour une sortie de crise, une entourloupe qu’ils croyaient bien ficelée et qui passerait comme une lettre à la poste. Et qui consiste à berner ainsi la population mobilisée depuis plusieurs semaines et qui demande à minima le départ de Bouteflika à l’expiration de son mandat. A noter qu’il gouverne depuis 20 ans, soit deux mandats de trop en bidouillant la constitution, faits qui vont ternir à jamais son image et son histoire.

Mais derrière le leitmotiv de l’apaisement et la volonté de rassurer les partenaires étrangers, cette tournée dénote une rupture dans les pratiques de la diplomatie Algérienne. En ce sens que les deux émissaires Lakhdar Brahimi et Ramtane Lamamra sont avant tout des hommes du sérail qui ont étaient appelés pour sauver le régime, mais qui n’ont fait qu’exacerber le ressentiment de la population à l’égard des gouvernements étrangers.

Au final, hormis les Usa et la France qui ont en quelques sorte accompagné le bébé depuis sa naissance en 1962 et sa prise de pouvoir par la force, la visite de Lamrara à Moscou s’est soldée par un soutien à minima, Serguei Lavrov a évoqué ouvertement devant son interlocuteur « le peuple Algérien » et de son droit de décider de lui-même de son avenir et de son destin sur la base de sa constitution et dans le respect du droit international. Ce n’est tout de même pas négligeable, ce qui veut dire en clair, pas de quitus pour une transition non constitutionnelle.

Mustapha Zentar pour Maghrebscope.

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